• reconstruction de température du dernier millénaire dans les Alpes

    panorama alpes  

    (photo wiki)

     

    A lire cette  étude de Corona et al parue dans "Climate of the Past",qui concerne une reconstruction des températures estivales du dernier millénaire dans les Alpes européennes.

     

    En dehors des conclusions qui en découlent, elle présente l'intérêt d'être réalisée par une équipe qui comporte une majorité de français, ce qui me rassure personnellement sur l'état de la science paléoclimatique, en particulier des reconstructions des derniers millénaires, dans notre pays.

     

    Nous n'entrerons pas dans les détails des méthodes utilisées.

    Les lecteurs intéressés les trouveront dans l'étude elle-même et, si besoin, en communiquant avec les auteurs eux-mêmes.

     

     

     

    résumé

     

     

    Cette étude présente une reconstruction des températures estivales de la région alpine (44.05-47.41N, 6.43-13E), pendant le dernier millénaire, basée sur un réseau de 38 chronologies de mélèzes et de pins.

    Les anneaux de croissance sont standardisés en utilisant une courbe de croissance régionale adaptative, qui essaie d'éliminer l'effet d'âge des variations basse fréquence dans les séries.

    Les proxys sont calibrés en utilisant les températures moyennes de juin à août des séries HISTALP de 1818 à 2003.

    La méthode combine une technique des analogues, qui est capable de rallonger les séries trop courtes, un réseau neuronal artificiel pour une calibration optimale non linéaire incluant un  bootstrap pour estimer l'incertitude de la reconstruction.

    Environ 50% de la variance est reconstruite.

    Les données instrumentales de basse altitude jusqu'à 1760 comparées aux données instrumentales cibles révèlent une divergence entre des données instrumentales plus chaudes que les  estimations par proxys.

    La reconstruction indique des conditions froides du milieu du 11ème siècle au milieu du 12ème en relation avec le minimum solaire de Oort suivi d'une courte période médiévale chaude (1200-1400).

    Le petit Age Glaciaire (1420-1830) est particulièrement froid entre 1420 et 1820 avec des anomalies estivales de -0.8°C par rapport à 1901-2000.

    La nouvelle reconstruction suggère que le réchauffement de la fin du 20ème est sans précédent.

    Il révèle aussi des similarités significatives avec d'autres reconstructions alpines

     

     

    discussion

     

    l'étude aboutit à la reconstruction suivante:

     

    évol 1000-2003

     

     

     

    validation

     

     

    La période de validation utilisée, entre 1760 et 1816, ne montre qu'une corrélation plutôt moyenne entre proxys et instruments(0.45 avec lissage 20 ans) et notamment un biais froid des proxys par rapport aux mesures instrumentales.

    les auteurs y voient plusieurs raisons dont un manque de données instrumentales permettant une bonne homogénéisation  pour cette période.(on verra une autre cause dans la conclusion)

     

     

     

    histoire climatique des Alpes

     

     

    données haute fréquence (annuelles)

     

     

    anomalies annuelles positives

     

    avant 1986 on relève deux groupes d'années particulièrement chaudes au début du 19ème (+1.9°C en 1846) et au 12 ème et 13ème (+1.2 en 1161).

     

    anomalies annuelles négatives

     

    l'année 1816 (connue comme "l'année sans été" dans le Nouveau Monde)  constitue l'année la plus froide selon Pfister (1992-1999) et Casty et al 2005.

    dans la reconstruction de Corona et al elle est assez bien placée également avec une anomalie de -2°C.

     

    après 1986 les températures dépassent 9 fois le seuil de 1.2°C.

     


     

    données basse fréquence (lissées à 20 ans)

     

     

    Elles figurent dans la courbe du bas du graphique ci-dessus

    Les auteurs déclinent les variations observées en fonction des estimations de forçage solaire, volcanique et anthropique

     

     

    corrélations avec d'autres reconstructions

     

     

    Après avoir lu les corrélations à l'échelle régionale on s'intéressera avec la corrélation entre cette étude et les reconstructions hémisphériques du moins concernant le signal lissé.

    Le coefficient de corrélation est de 0.40 avec des divergences au cours de certaines périodes comme les 10ème et 11ème siècles mais des convergences importantes pour l'Optimum Médiéval et le Petit age Glaciaire.

     

     

     

    conclusion

     

     

    Il y a le bémol de la validation pour la période 1760-1818.

    Il est à noter, cependant, une explication postérieure à la réalisation de cette étude proposée dans The early instrumental warm-bias: a solution for long central European temperature series 1760-2007 (document complet ici) qui concerne la possibilité d'un biais chaud de 0.21°C à 0.93°C, selon les stations, des données instrumentales pour, entre autres, la période de validation utilisée.

    La divergence indiquée par les auteurs ne serait plus alors que de -0.75 -(- 0.57) = -0.18°C.

     

    Ce bémol étant presque levé, on peut accepter un peu mieux une des conclusions des auteurs concernant le caractère exceptionnellement chaud de la toute fin du 20ème siècle dans les Alpes.

     

    Au regard de la bonne corrélation (voir courbes ci-dessous) entre les températures instrumentales alpestre et globale, il n'est pas insensé d'étendre cette conclusion à l'ensemble de la planète.

     

    Tout d'abord, d'après ZAMG-HISTALP (version 2008), l'évolution des températures alpestres

     

    1760-2007

     

     

     

    Puis, selon HADCRUT, l'évolution de la température globale

     

     

    HadCRUT

     

    la corrélation entre les évolutions de température alpestre et globale, au moins pour 1850-2007, est évidente.


  • Commentaires

    1
    Samedi 10 Juillet 2010 à 19:35

    l'activité solaire n'a pas augmenté depuis 1975, elle a même légèrement baissé de minimum à minimum, donc je ne comprends pas bien la remarque puisque le réchauffement se constate surtout à partir des années 80.

     

    2
    Samedi 10 Juillet 2010 à 21:30

    je ne comprends toujours pas le raisonnement.

    la température dans les Alpes commence à augmenter sérieusement à partir de 1980 environ.

    Or l'activité solaire baisse légèrement à partir de cette époque ainsi que le démontre ce graphique:

     

    On ne va pas avoir une augmentation due au solaire alors que ce même solaire baisse, et ce même à la suite de l'inertie thermique, c'est complètement illogique.

     

    D'autre part la dernière reconstruction de la TSI de l'Holocène de Steinhilber et al 2009, ne montre pas une activité solaire plus forte actuellement qu'à l'Optimum Médiéval.

     

     

    Ce qui change entre les deux périodes c'est, à l'évidence, l'influence anthropique.

    Maintenant tu en déduis ce que tu veux mais je ne peux laisser passer que l'augmentation des dernières décennies du 20ème, soit à partir de 1980, est due au solaire.

     

    J'ajoute que si on suit ce que j'écris sur ce blog comme dans cet article, même un signal solaire amplifié d'un facteur 3.2 (nécessaire pour expliquer 0.1°C entre maxi et mini solaires), n'amène en aucun cas une allure de courbe comparable à l'observée:

     

     

    Si on n'utilise aucun coeff d'amplification l'augmentation de température due au soleil n'est pas décelable.

    Mais de toute façon l'influence dans la période récente est nulle voire négative.

     

    Ceci dit je n'ai pas l'intention de répondre d'avantage aux divagations sceptiques (je n'ai pas encore dit que c'était ton cas quoique ta tentative de détournement de cette étude soit plutôt surprenante mais je t'accorde le bénéfice du doute) qui clament que l'activité solaire est à l'origine quasi exclusive des variations de température mesurées, ni de tolérer une quelconque foire d'empoigne à ce sujet.

     

    3
    Samedi 10 Juillet 2010 à 22:05

    Attends ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit.

    Il y a une influence bien sûr, mais plutôt faible.

    Par exemple on pense qu'elle est responsable de -0.3°C lors du PAG.(enfin moi je l'évalue à -0.3°C mais certains pensent que c'est plutôt -0.1 à -0.2°C)

    Les végétaux sont sensibles à des tas de facteurs comme tu dis et en plus ils ne le sont pas pareillement suivant les espèces.

    Ce serait trop facile de relier directement épaisseur ou densité des cernes avec la température.

    C'est bien pour cela que l'on utilise des méthodes statistiques élaborées pour essayer de faire ressortir un signal de température du bruit des autres influences.

    4
    Dimanche 11 Juillet 2010 à 09:06

    "Etude intéressante" + "Juste de quoi sourire" = cohérence remarquable dans le propos

     

    à moins que tu juges une étude intéressante si elle te fait sourire...

     

    Tu prétends utiliser les données des articles donc dans ce cas pourquoi dire:

     

    "Dans ce cadre que nous ayons subit un peu plus la forte activité solaire de la fin du 20ème en Europe semble normal"

     

    alors que les auteurs indiquent:

     

    "If we consider the last three centuries (1700–2000), the warming is higher than 2.5 °C (0.08 °C/decade), but it is mainly due to two important steps, the first one likely linked with natural forcings (beginning of 18th century) and the second being anthropogenic (end of 20th century). Nevertheless, the anthropogenic step, compared to 1730–1980, remains as 1.3 °C."

     

     

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    5
    Dimanche 11 Juillet 2010 à 09:07

    non, 50% de la variance interannuelle, pour des proxys, c'est remarquable, bien au contraire...

    La corélation, 0.81, en lissé est encore plus remarquable.

     

    6
    Dimanche 11 Juillet 2010 à 11:57

    Cette discussion devient un peu pénible je trouve.

    Ton avis sur le manque de rationalité de cette étude n'est pas circonstancié par des arguments tangibles.

    Personnellement je me suis bien gardé de jugement de ce type, mais dans l'autre sens bien sûr.

    Quant à ta remarque sur le début du 20ème siècle, je ne la comprends pas.

    Ta première réflexion concernant la sensibilité de l'Europe à l'activité solaire était pourtant correcte et cette étude, que tu trouves non rationnelle, le montre une nouvelle fois.

    Là où tu as déraillé c'est en attribuant le réchauffement récent au solaire.

    Avec une activité solaire en baisse, on ne peut pas le faire.

     

     

     

    7
    Lundi 12 Juillet 2010 à 09:33

    j'entends bien tout cela, mais il y a une présupposition d'une action solaire à très long terme qui mettrait un certain temps à s'installer.

    Il y aurait plusieurs constantes de temps.

    Je ne l'exclus pas, mais les mécanismes restent à découvrir.

    Cependant, d'un point de vue thermique, il n'y a guère de secret et les modèles simples qui fonctionnent selon ce point de vue ne laissent pas place à une quelconque surprise.

    Puisqu'on parle de moyenne sur 20 ans, il est intéressant de comparer les évolutions de température et de TSI moyennnées sur 20 ans.

     

     

    Là encore, il faut être très très fort pour expliquer une corrélation à la fin du siècle.

    8
    Lundi 12 Juillet 2010 à 10:09

    oui merci c'est assez imparable en effet.

     

    9
    Mercredi 14 Juillet 2010 à 11:50

    Bof, je connais bien la "théorie" de Svensmark.

    Actuellement les rayons cosmiques sont à un niveau jamais atteint depuis le début des observations.

    Où sont les nuages bas en grand nombre promis par Svensmark?

    D'autre part, comme le dit warm, les rayons cosmiques suivent l'activité solaire.

    Comme celle-ci baisse légèrement, en tendance, les GCR augmentent légèrement aussi.

    Et alors?

    L'expérience CLOUD comme on l'a déjà dit, ne prouvera rien.

    Il n'est pas possible de reproduire en labo ce qui se passe dans une couche atmosphérique de plusieurs dizaines de km d'épaisseur.

    Maintenant, si c'est pour mettre en évidence que des GCR peuvent ioniser la matière et provoquer des amorces de condensation, ou d'évaporation d'ailleurs, on le sait déjà et depuis longtemps.

    10
    Mercredi 14 Juillet 2010 à 15:35

    il n'en reste pas moins que la variation de la TSI, de mini à mini, entre 1900 et 2008, est de 0.28W/m2.

    En forçage TOA cela correspond à 0.28/4*0.7=0.05W/m2.

    En prenant une sensibilité, classique, de 0.8K.m2/W , cela correspondrait à une variation à l'équilibre de 0.04K.

    Pour expliquer la variation actuelle, il faudrait admettre un coef d'amplification de 20.

     

    si on prend une période plus favorable comme 1901-1964 l'augmentation linéaire de mini à mini est de 0.47W/m2.

    Si on veut attribuer la totalité du réchauffement, en admettant qu'il soit différé, cela voudrait dire un coeff d'amplification de 12, environ.

    Mais de tels coefficients se verraient, forcément, dans une réponse extrêmement forte, au cycle de 11 ans.

    Cela entraînerait des variations de l'ordre de 0.4K de crête à creux (au lieu de 0.1K "observés")

     

    11
    Chaud
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    Pour Gilles, un exemple de couplage entre une valeur et la dérivée d'une autre: la température et la dérivée du taux de CO2 dans l'atmosphère.
    http://www.woodfortrees.org/plot/esrl-co2/from:1979/mean:12/derivative/normalise/plot/uah/from:1979/normalise
    12
    Gilles
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    sur le dernier point : je ne jurerais pas que c'est le cas, mais ce n'est nullement impossible, il suffit qu'il y ait une certaine constante de temps associé, ce qui est le cas si le forçage est lié, au moins en partie, à la DERIVEE de la température et non à la température elle meme (en réalité il est plus logique de le lier à la dérivée qu'à la température..)ce n'est que dans le cas de constante de temps courtes (voir nulle à la limite) que la réponse s'ajuste instantanément à l'excitation. J'ai donné deja l'exemple d'un circuit RC, mais il y en a plein dans la vie courante. Par exemple l'onde de marée suit la lune de pratiquement un déphasage de pi/2, donc le niveau continue a monter alors que la lune baisse sur l'horizon, pareil pour la température diurne qui continue à monter apres le passage du soleil au méridien ...
    13
    Warm
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    Julien, je ne vois pas en quoi prendre en compte les rayons cosmiques plutôt que la TSI change quoi que ce soit au raisonnement: une baisse d'activité solaire, c'est une baisse d'activité...

    Ou alors comment envisagez-vous que les RC aient contribué à faire monter la température au début du XXe siècle lors d'une augmentation progressive de l'activité solaire, et qu'actuellement il continuerait à faire monter la température alors que l'activité baisse ?
    14
    julien
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    météor nous fait encore le coup de la TSI pour nier le rôle du soleil dans le climat.

    Il n'a toujours pas compri la théorie de svensmark, qui est en cours de validation au CERN à genève.

    http://www.esa-spaceweather.net/spweather/workshops/eswwII/proc/Session2/ESTECsww_20051.pdf

    Je sais que mon commentaire ne va pas te plaire, mais bon c'est pas grave, tu peux me banir. Je veux juste t'exorter à lire un peu plus avant de commenter sur l'activité solaire parcequ'il semble que tes connaissances sur le sujet sont un peu dépassées.

    Cordialement.
    15
    Gilles
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    Au fait il n'y a pas eu de réponse à la remarque de chaud :"Par ailleurs pour la deuxième moitié du 20ème siècle nous savons tous que le taux de CO2 ayant augmenté, la croissance des plantes a aussi évoluée. Je suppose que c’est pris en compte dans l’étude mais je ne peux pas en être sûr, je n’ai rien trouvé sur ce sujet dans l’article même."

    Je ne vois non plus pas dans l'article ce qui permettrait de séparer l'influence de la température de celle de l'augmentation du CO2, qui s'est faite dans un laps de temps comparable.

    http://www.oneclimate.net/imagelib/posts/20080115/Carbon_Dioxide_Concentration.jpg

    Bien sur ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de réchauffement. En revanche ça peut vouloir dire que la normalisation du proxy sur la température est surestimée, une partie de la croissance étant due au CO2 et non à la température; ça se répercuterait donc dans le passé sur une sous-estimation des températures reconstruites, ce qui semble d'ailleurs être le cas. Est ce que ça ne peut pas aussi etre un facteur significatif de sous-estimation des variations passées ?
    16
    Chaud
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    Désolé pour la confusion que j'ai créé, de bonne foi mais a tort semble t'il.
    17
    chria
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    merci pour cet intéressant article
    18
    Warm
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    J'ai posté un peu vite: tiré de l'article de Philipona et al. on peut lire:

    "Solar or shortwave downward radiation (SDR) on the contrary decreased at all ASRB stations by 0.5 and 6 Wm2, except at the station Weissfluhjoch (Wf) (Figure 2b). Hence, temperature and absolute humidity increases in the Alps are likely to be related to the +5.2 (2.2) Wm2 average increase of longwave radiative flux, which is considerably greater than the average decrease of 2.0 (3.7) Wm2 of solar shortwave radiation at the surface."

    ça a l'air vraiment rapé pour l'explication solaire de l'augmentation de T récente sur les alpes...
    19
    Warm
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    Il y a une étude qui pourrait trancher la question de l'influence solaire:

    http://www.agu.org/pubs/crossref/2004/2003GL018765.shtml?fb_page_id=11296750277&

    PDF:

    http://landshape.org/enm/wp-content/uploads/2009/01/philipona2004-radiation.pdf

    8 stations dans les alpes (en fait en Suisse) ont été étudiés, ce qui recoupe avec l'analyse de reconstruction alpine.

    La conclusion est que le réchauffement récent (de 1975 à 2004) est attribuable en bonne partie l'augmentation de la DLR, et donc du au GES...

    Il me semble que celà règle la question, non ?
    20
    Chaud
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    Bonsoir Meteor, bonsoir à tous



    Je vois que mon ton détaché vous perturbe je vais donc essayer de m’adapter et revenir sur du tangible.

    Dans cette étude le facteur temps est un élément très important pour tenter de comprendre et de tirer des conclusions. Il faut faire attention avec l’utilisation de l’adjectif « récent »

    Nous avons de nombreuses séries temporelles qui s’étalent sur de longues périodes et qui s’arrêtent en général dans la dernière décennie du 20ème siècle.

    Sur les 38 séries 6 se terminent après l’an 2000. La plupart s’arrêtent dans les années 1990, une s’arrête au 19ème siècle, une autre en 1905, une autre en 1947….

    D’après les dates de fin il y a de bon recoupement jusqu’au milieu des années 1990 et cela diminue rapidement ensuite.

    D’ailleurs les données extraites sont présentées jusqu’en 2000 ce qui est raisonnable.



    La comparaison avec l’activité solaire est faite sur des moyennes à 20 ans et permet aux auteur de montrer la fiabilité de leur construction.

    Mais sur la figure 6 la reconstruction de la TSI est un peu courte, il semble manquer une trentaine d’année jusqu’en 2000.

    Les graphes que tu proposes confirment bien que l’activité solaire est resté forte jusqu’en 2000 au même niveau que l’optimum médiéval. Même si sans moyenne à 20 ans c’est assez difficile a voir. Ci-joint (basé sur les valeurs officielles du SIDC) la moyenne sur 20 ans jusqu’en 2000 à partir de 1750 du nombre de tâche http://www.woodfortrees.org/plot/sidc-ssn/to:2000/mean:240 Je n’ai pas sous la main les reconstructions faites avec d’autres proxy dans des articles peer reviewed etc, mais voici une courbe de la Wikipedia (désolé) issue de l’étude de Beer et al : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Solar_Activity_Proxies.png qui s’arrête elle en 1994 mais aussi avec une moyenne sur du long terme.

    Dans les deux cas il est patent que l’activité solaire de la deuxième moitié du 20ème siècle est très élevée. Je pense que tu peux retrouver des données du même type.

    Ce point n’est pas pris en compte, dans l’article c’est un peu dommage car cela rajouterait à sa cohérence avec les études qui affirment que la température de l’Europe est plus influencée par le soleil que la moyenne de la terre.

    L’activité solaire de la fin du 20ème siècle correspondant aux périodes temporelles de l’étude à été très élevée et à partir des informations disponibles je ne pense pas dérailler complètement surtout dans le cadre donné par l’article. La vrai baisse de l’activité solaire semble se produire maintenant, nous verrons si elle influence le climat de l’Europe.

    Par ailleurs pour la deuxième moitié du 20ème siècle nous savons tous que le taux de CO2 ayant augmenté, la croissance des plantes a aussi évoluée. Je suppose que c’est pris en compte dans l’étude mais je ne peux pas en être sûr, je n’ai rien trouvé sur ce sujet dans l’article même.



    Maintenant que les arbres se développent mieux en Europe au 20ème siècle n’est pas quelque chose de facilement généralisable.

    L’attribuer à un phénomène global quand on sait par ailleurs que le climat de l’Europe est plus sensible à l’activité solaire et que les plantes sont plus sensibles au rayonnement solaire que d’autres indicateurs c’est prendre de grand risques.

    La conclusion de l’article lui-même est prudente utilisant « might » : “This particular feature (outstanding intense and rapid warming) is consistent with the fact that it might be attributed to the contribution of anthropogenic greenhouse gases and aerosols.”

    Ce qui est raisonnable surtout en ajoutant les aérosols, il manque juste la mention de l’activité solaire intense du 20ème siècle, une précision sur la prise en compte du taux ce CO2 et le comportement spécifique du climat de l’Europe vis-à-vis de l’activité solaire.



    Ces études sur la croissance des arbres sont très difficiles à manipuler, tellement de facteurs locaux et généraux pouvant jouer. Les mettre en avant c’est un peu jouer avec le feu et je comprends que tu n’ais pas voulu en tirer de conclusion.
    21
    Gilles
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    Je reste un peu insatisfait aussi : on admet que les proxys ne capturent que 50 % de la variance, alors quantitativement, comment mesurer le caractère exceptionnel du RC moderne? autrement dit, avec toutes ces études statistiques, ne peut-on pas mettre les des conclusions sous forme un peu plus quantitatives : la probabilité pour qu'un RC analogue à celui des T dernières années ait eu lieu dans les 1000 années précédentes est inférieure à p % ? il me semble qu'avec tous ces efforts de quantification on devrait arriver à quantifier ça un peu mieux que "ça se voit que c'est exceptionnel" (parce que si on admet que la courbe passée ne capture que 50 % de la variance, moi , je ne le vois pas tant que ça ....)
    22
    Chaud
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    Petite addition je ne détourne rien : j'utilise les informations des articles que tu fournis. C'est l'article qui parle de corrélation avec l'activité solaire sur de longues durées.
    Bof en résumé je n'ai pas l'impression que l'on puisse tirer grand chose pour l'instant ce ces séries de cernes. Juste de quoi sourire. Bonne nuit
    23
    Chaud
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    Tu as raison, la TSI ne peut rien influencer, ni maintenant ni autrefois, les reconstructions récentes montrent qu'elle varie très peu, même pendant les grand minima. il est illusoire de penser qu'elle influence le climat. Cela amène d'ailleurs des questions sur les corrélations trouvées dans l'article avec ces différents minima solaires. A moins que les arbres ne soient sensibles à la partie visible du spectre, donc au décompte des tâches.... Mais on pourrait formuler des dizaines d'hypothèses de ce type. Les végétaux étant sensibles à tant de facteurs: ensoleillement, précipitations, humidité, vent, compétition locale pour les ressources atmosphériques et souterraines, taux de CO2 dans l'atmosphère....
    24
    Chaud
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    Mais très cher Météor je trouve cette étude très intéressante et que tu postes une telle étude me fait sourire.

    Je mentionne l'activité solaire forte (mesurée par le nombre de tâche) car l'article fait référence à la même donnée quand il cite les minima des siècles passés. Je trouve normal de mentionner que l'activité solaire fut très forte pendant l'ensemble du 20eme siècle.

    Cette jolie phrase de l'article que tu cites est une jolie affirmation qui ne repose sur aucune donnée de l'article. Il prend les valeurs de température ailleurs.

    On peut aussi analyser un peu plus cette magnifique phrase:
    "first one likely linked" pourquoi écrire "likely" il y a des hypothèses d'origine humaine au début du 18eme siècle?
    "Nevertheless, the anthropogenic step, compared to 1730–1980, remains as 1.3 °C." cette portion implique que le réchauffement du début du 20ème est artificiel, est ce ta position?

    On pourrait aussi parler des échantillons qui viennent peut être des mêmes arbre pour une des série utilisée, ou commenter le tableau 2a ou l'on voit que quasiment quelque soit la période retenue les différentes séries peuvent évoluer dans des sens différents.

    Je suis loin de trouver cette étude décisive. Elle peine à convaincre. Et pourtant je suis prêt à être convaincu par des arguments rationnels.
    25
    Chaud
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    Pour le PAG regarde les travaux récents de Leif Svalgaard, d'après lui la TSI varie très peu pendant les minima, même Maunder.... (moi personnellement je préfère ne pas faire de pronostics sur ce sujet) Il penche plus pour une variation de la visibilité des tâches. Si il a raison, ce qui n'est pas sûr, il ne faut pas s'attendre à des variations climatiques mesurables causées par les minimas solaires ce qui correspond d'ailleurs aux très faibles corrélation observées sur les derniers siècles quoique pensent certains afficionados de la théorie solaire.

    Pour ce qui est du bruit des autres influences je reste dubitatif (c'est mieux que sceptique). Quand on voit les précautions prises pour étalonner la température sur de longues périodes et les informations très faibles sur l'ensoleillement par exemple sur de longues périodes on ne peut pas s'attendre à des miracles quelles que soient les statistiques utilisées.

    Pour la période récente j'aimerais être sûr que la variation de CO2 est prise en compte, elle agit directement sur la croissance des plantes. Je n'ai rien vu sur ce sujet dans l'article. (ce n'est important que si l'on fait l'hypothèse que l'augmentation du CO2 n'est pas naturelle, dans l'autre cas c'est corrélé à la température)
    26
    Chaud
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    Dans le cadre d'une moyenne à 20 ans, comme ce qui est utilisé dans l'article: "Correlations between the low-frequency solar activity and the 20 year-smoothed temperature reconstruction are 0.21 over their common period respectively", nous sommes encore dans un maximum d'activité solaire. Je crois me souvenir qu'il est est supérieur au reconstructions faites de la période de l'optimum médiéval. C'est de mémoire, je n'ai pas sous la main les reconstructions faites à partir du C14. Je peux tout a fait me tromper mais c'est ce qui m'a sauté aux yeux en lisant l'article.
    27
    Chaud
    Samedi 4 Mai 2013 à 11:25
    Etude intéressante, j'avais déjà lu que l'Europe était plus sensible à l'activité solaire que d'autres parties du monde; cette étude semble aller dans le même sens. Dans ce cadre que nous ayons subit un peu plus la forte activité solaire de la fin du 20ème en Europe semble normal. Reste à voir ce qui nous attend au vu de la tendance actuelle du soleil.
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